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Registre national des copropriétés : les nouvelles données obligatoires depuis juillet 2026 (et ce que ça change pour vous)

L'arrêté du 23 juin 2026 enrichit le registre national des copropriétés : DPE collectif, plan pluriannuel de travaux, systèmes techniques. Acheteur : voici ce que vous pouvez désormais vérifier avant même de contacter le vendeur.

26 juillet 2026· 7 min de lecture

Registre national des copropriétés : les nouvelles données obligatoires depuis juillet 2026 (et ce que ça change pour vous)

Avant d'acheter un appartement en copropriété, la plupart des acheteurs attendent d'avoir signé un compromis pour demander les documents au vendeur. C'est souvent trop tard pour négocier sereinement. Depuis la publication de l'arrêté du 23 juin 2026 au Journal officiel du 19 juillet 2026, vous disposez d'un outil supplémentaire pour vous renseigner en amont : le Registre National des Copropriétés (RNIC), qui s'enrichit de nouvelles données techniques et énergétiques déclarées obligatoirement par les syndics.

Voici ce qui change concrètement, et comment en tirer parti avant de signer.

Qu'est-ce que le Registre National des Copropriétés ?

Le RNIC est une base de données publique créée par la loi ALUR de 2014. Toutes les copropriétés françaises ont l'obligation de s'y immatriculer. On y trouve des informations sur l'immeuble (date de construction, nombre de lots, état de conservation), ses finances (budget prévisionnel, montant des impayés) et son gestionnaire (coordonnées du syndic).

Ces données sont accessibles en ligne, gratuitement, sur registre.coproprietes.gouv.fr. Vous pouvez rechercher une copropriété par adresse avant même d'avoir pris contact avec le vendeur ou son agent.

Jusqu'à présent, les informations disponibles restaient assez générales. L'arrêté du 23 juin 2026 change la donne sur deux points essentiels pour un acheteur.

Ce que l'arrêté du 23 juin 2026 ajoute au registre

L'obligation de déclarer le DPE collectif

Depuis le 1er janvier 2026, les copropriétés de moins de 50 lots doivent réaliser un Diagnostic de Performance Énergétique collectif si l'immeuble a été construit avant 2013. Cette obligation s'étend ainsi à la quasi-totalité du parc de copropriétés en France, au-delà des seuls grands ensembles qui y étaient déjà soumis.

L'arrêté du 23 juin 2026 rend obligatoire la déclaration au RNIC de l'existence ou de l'absence de ce DPE collectif. Autrement dit : si un syndic n'a pas encore fait réaliser ce diagnostic, c'est désormais une information visible par tous — acheteurs, agents immobiliers, banques — sur le portail public.

Ce que ça change pour vous en tant qu'acheteur : vous pouvez savoir, avant de visiter le bien, si la copropriété a rempli ou non ses obligations énergétiques. Une copropriété sans DPE collectif à cette date est soit trop récente pour y être soumise, soit en retard sur une obligation légale. Dans le second cas, le DPE sera à réaliser dans les mois ou années à venir, et les conclusions pourront entraîner des travaux votés en assemblée générale — et des appels de fonds auxquels vous devrez participer en tant que futur copropriétaire.

L'obligation de déclarer le Plan Pluriannuel de Travaux

Depuis le 1er janvier 2026 également, les copropriétés de 50 lots ou plus dont l'immeuble a plus de 15 ans doivent élaborer un Projet de Plan Pluriannuel de Travaux (PPPT). Pour les copropriétés de moins de 50 lots, l'obligation s'échelonne jusqu'en 2027.

Ce plan recense les travaux à prévoir sur les dix prochaines années pour maintenir l'immeuble en bon état — toiture, façades, ascenseurs, réseaux, performance énergétique. Il est élaboré par un professionnel qualifié et soumis au vote de l'assemblée générale.

L'arrêté du 23 juin 2026 impose aux syndics de déclarer au RNIC si ce plan a été élaboré, et son état d'avancement (projet soumis, voté, ou absent).

Ce que ça change pour vous en tant qu'acheteur : une copropriété sans PPT à l'âge réglementaire n'a pas de visibilité sur les travaux à venir. C'est un signal d'alerte. À l'inverse, une copropriété dont le PPT est voté vous donne une projection sur les charges futures — information précieuse pour évaluer le coût réel de l'achat sur 5 ou 10 ans.

Les systèmes techniques de l'immeuble

L'arrêté ajoute également une obligation de déclaration des systèmes techniques de chaque bâtiment : type de chauffage collectif ou individuel, mode de ventilation, production d'eau chaude sanitaire, présence ou absence d'ascenseur. Ces informations sont reliées au Référentiel National des Bâtiments (RNB), la base de données officielle des bâtiments français.

Pour un acheteur, cette information permet de confirmer ou infirmer ce que dit le vendeur sur les équipements collectifs — et de savoir si le chauffage collectif est récent ou vieillissant, avant de demander le carnet d'entretien de l'immeuble.

Le seuil d'alerte financier recalibré

Un quatrième changement, plus technique mais non négligeable : le seuil d'alerte sur les impayés de charges évolue. Jusqu'à présent, le registre signalait les copropriétés en difficulté à partir d'un montant fixe de 300 € d'impayés. Ce seuil est remplacé par "plus de deux trimestres de charges", ce qui correspond mieux à la réalité financière de chaque copropriété — une dette de 300 € dans une petite copropriété à 100 € de charges trimestrielles est bien plus préoccupante que dans une copropriété à 1 500 € de charges par trimestre.

Ce que l'arrêté ne change pas (encore)

Ces nouvelles données seront obligatoires pour les syndics, mais l'entrée en vigueur complète est prévue pour janvier 2028, afin de laisser le temps aux gestionnaires de mettre à jour leurs registres et de faire réaliser les diagnostics manquants.

Concrètement, cela signifie que dès maintenant les syndics commencent à déclarer ces informations, mais qu'il faudra probablement attendre 2028 pour avoir une couverture complète sur l'ensemble du parc. En attendant, l'absence d'information sur le portail public n'est pas nécessairement un signe d'alerte — elle peut simplement indiquer que la mise à jour n'a pas encore été effectuée.

Pour les acheteurs, la bonne pratique reste inchangée : le RNIC est un point de départ, pas un substitut aux documents légaux remis lors de la promesse de vente.

Comment utiliser le RNIC dans votre processus d'achat

Voici comment intégrer cette consultation dans votre démarche, avant de signer quoi que ce soit :

Étape 1 — Chercher la copropriété par adresse sur registre.coproprietes.gouv.fr. Vérifiez que la copropriété y est bien immatriculée. L'absence d'immatriculation est en elle-même une anomalie à signaler.

Étape 2 — Regarder les données financières : montant des charges, niveau d'impayés, date de dernière mise à jour. Si les impayés dépassent deux trimestres de charges, creusez davantage lors de votre demande de documents.

Étape 3 — Vérifier l'existence du DPE collectif et du PPT. Si ces informations sont absentes, demandez au syndic ou au vendeur une confirmation écrite sur l'état d'avancement de ces obligations. La réponse en dira long sur la gestion de la copropriété.

Étape 4 — Croiser avec les documents légaux. Le RNIC donne une vue d'ensemble, mais c'est l'analyse de votre PV d'AG et de votre pré-état daté qui révèlent les détails — travaux votés non encore encaissés, impayés individuels du vendeur, procédures en cours.

Ce que ça ne remplace pas

Le RNIC enrichit votre information en amont. Mais il ne remplace pas les documents légaux que le vendeur doit obligatoirement vous remettre avant la promesse de vente — notamment les PV des trois dernières assemblées générales, le pré-état daté et le règlement de copropriété.

Ces documents restent les sources d'information les plus précises sur la santé réelle de la copropriété que vous envisagez d'acheter. Le RNIC vous aide à poser les bonnes questions avant la visite ; les PV d'AG vous donnent les réponses concrètes avant la signature.

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Source officielle : Arrêté du 23 juin 2026 modifiant l'arrêté du 10 juin 2016 relatif au modèle d'immatriculation des syndicats de copropriétaires — Journal officiel du 19 juillet 2026.

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